Transat retour... en Pogo 40 - Tchuda Popka 2

J11 - L’arc-en-ciel de lune

25 janvier 2007 | 14:57 Jerome Samson

Vous aurez compris au fil de ce blog que chaque jour, nous tombons un peu plus sous le charme de Tchuda Popka. Les anglais - a qui il faut bien reconnaitre la qualite d’etre un peuple marin - les anglais donc, ont pour habitude de parler des bateaux a la troisieme personne du feminin. Alors si j etais anglais (Dieu m en garde…), j’irais jusqu’a dire que nous sommes un peu amoureux de ce Pogo 40. Mais cela ne veut pas dire que nous ne voyons pas ses defauts. Et s’il est une chose qui est sacrifiee au profit de la performance en navigation, c’est tout de meme le confort a l’interieur.

Prenons juste l’exemple des bannettes. Apres une bonne journee de mer, vous aspirez a un repos legitime. La, premier probleme, c’est le bruit. Pour peu qu’il y ait un peu de mer et que nous soyons autour de 10 noeuds, vous entendez a l’interieur une savante harmonie composee de : - un bruit de cascade en continu, - un leger clapotis tout au long de la ligne de flotaison, - les coups de boutoir des vagues qui viennent malicieusement frapper la coque juste sous votre tete, - par moment, le bruit d’un saut d’eau que l’on vous verserait sur la tete quand une vague reussit a sauter sur le pont. Ca c’est pour l’accompagnement general, vous pouvez aussi ajouter quelques soli, a l’occasion des manoeuvres par exemple : le cliqueti d’un winch, le grincement d’une ecoute, et le nec plus ultra : un mousqueton qui frappe le pont au dessus de vous, en gros ca donne l’impression d’un bon coup de marteau sur le timpan…

Pourtant, on en reve parfois de cette bannette, quand le quart s’eternise, qu’il n’y a rien a faire pour la navigation et qu’on attend l’heure de la releve sous la pluie. Alors on s’imagine, enlever son gilet, son pantalon et son cire, passer des vetements secs, et se glisser au fond du duvet pour un sommeil reparateur.

Du sommeil, nous en avions bien besoin hier. Une deuxieme depression nous a un peu secoue. Dans l’apres-midi, alors que le gros du coup de vent est passe, Denis est dehors sous une pluie battante, pendant que nous discutons a l’abri. Le bateau file ses 12 noeuds, quand le vent monte d’un coup. Le bateau part au surf et le speedo s’alarme : 15, 16, 17, 18, 19, 20 noeuds ! Le temps de jaillir sur le pont, la trinquette bat furieusement. Et le temps que nous l’affalions, deux lattes sont parties et le nerf de chute s’est abime. Nous en sommes quitte pour une seance de couture, et renvoyons la toile a la tombee du jour.

Quelques emotions donc, ce qui vaudra un reve hors du commun a Denis dans la nuit. On arrive au port, on met le bateau a quai quand quelqu’un vient. Il ne veut pas nous laisser debarquer, et se presente : “Bonjour, je suis de la Generale des vents. Je viens vous presenter la facture du vent consomme” Bonne enguelade dans l equipage, les point de vue divergent. Pour Denis : “Pas de soucis, je lui colle un bourre pif et je le fous a l’eau !” Nous essayons de le retenir. “Denis, ce ne sont pas des manieres !”. Pendant ce temps le type s enerve sur le quai : “Vous aller la payer cette facture, avec tout ce que vous avez consomme !”

La nuit a ete calme, avec quelques nuages. Une belle demi-lune nous accompagne maintenant pendant la premiere partie de nuit, et m’a valu un petit moment d’emerveillement hier soir. La lune eclairait le pont par l’arriere, et je m’amusais a detailler les ombres qu’elle projetait sur le cockpit : le balcon arriere, ma silhouette a la barre. Un gros nuage noir ceinturait l’horizon devant moi, je m’attendait a une bonne averse. Et c’est finalement un arc en ciel tout blanc qui s’est detache sur ce nuage. Un beau demi cercle, vraiment comme de jour avec le soleil. Les couleurs en moins, mais la feerie en plus ! Avec des instants comme celui la, la fatigue s’envole et l’on resterait bien sur le pont un peu plus.

Cote temperature, on n’a pas a se plaindre. Le nutella est devenu un peu moins facile a etaler, mais l’eau est encore a 20 degres. A bientot,

Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka

[Sent from: 31.333,-47.950]

Catégorie : En mer | Voir sur la carte : Geo Mashup

11 Comments Add your own

  • 1. Une lectrice de Jerome (K. Jerome)  |  janvier 25th, 2007 at 15:31

    “C’était une nuit splendide. La lune avait disparu, laissant, en la seule compagnie des étoiles, la terre apaisée dont (sauf moi !) tous les enfants dormaient. Il semblait que les astres, profitant de ce silence, s’entretenaient avec leur sœur terrestre de mystères si grandioses, à voix si graves et si profondes, qu’ils ne pouvaient être entendus des faibles oreilles humaines.

    Elles nous étonneront toujours, ces étoiles aux lumières si froides et si pures. Nous sommes pareils à des enfants dont les petits pieds auraient foulé le sol de quelque temple crépusculaire dédié à un dieu qu’ils ont appris à adorer, mais continuent à méconnaître totalement. Sous la pénombre du dôme, comme eux nous levons la tête, espérant et redoutant à la fois que s’y manifeste quelque terrible vision.

    Et pourtant la Nuit nous procure tant de consolations, tant de forces nouvelles ! En sa présence sublime, nos petits chagrins, pris de honte, se dissipent. Le jour a été si plein de hâte et de souci, nous avons eu au cœur tant de pensées amères, le monde nous a paru si dur et si injuste ! Mais voilà que la Nuit, semblable à une mère aimante, pose sa douce main sur notre front fiévreux, tourne notre visage baigné de larmes vers le sien. Elle sourit, et bien qu’elle ne parle pas, nous la comprenons dans son silence ; elle presse contre son sein notre joue brûlante, et notre peine s’apaise.

    Parfois, quand notre souffrance est très profonde et très réelle, nous nous tenons silencieux devant elle, car aucun mot ne saurait traduire notre douleur, si ce n’est un gémissement. La Nuit a le cœur plein de pitié pour nous : impuissante à soulager notre mal, elle prend nos mains dans les siennes, et le monde se rapetisse, s’éloigne de plus en plus. Emportés nous-mêmes sur les sombres ailes de la Nuit, nous rencontrons une présence plus puissante encore que la sienne, et dans la merveilleuse lumière de cette présence sublime, toute la vie humaine s’étale devant nous comme un livre ; et nous comprenons que la tristesse et la douleur ne sont autres que des envoyés de Dieu.

    Seuls ceux qui ont porté la couronne de la souffrance sont à même de contempler cette merveilleuse lumière ; mais lorsqu’ils en reviennent, ils ne peuvent ni en parler, ni révéler le mystère qu’ils ont pénétré.”

  • 2. capitaine haddock  |  janvier 25th, 2007 at 16:30

    Bonjour Tchudapopka, et a tout leurs ami(es)

    50° 7 N- 8° 41 E-
    Francfort
    1°C
    Couvert
    Vent : N à 21 km/h
    Humidité: 42%

    Et bah ouais les garçons, on est tous pareilles, on ce fait toujours tromper avec les belles choses. Un bateau ou une fille vu de l´extérieur c´est toujours beau mais dès qu´on regarde ce qu´il y a dedans… je ne développe pas, je vais me faire des amies sur ce blog, je le sais déjà…
    Toute ces anecdotes me font penser a une blague : Un zèbre, c´est blanc avec des bandes noires ou noir avec des bandes blanches. Réponses, c´est rouge une fois la couche de peinture enlevée, ah, ah, ah ah.
    A part ça, ici aussi on s´amuse toujours autant et je jalouse l´arc en ciel nocturne dont j´apprend l´existence et dont il faudra m´expliquer la technicité de ce phénomène.

    Bien a vous,

  • 3. Marie-Anne  |  janvier 25th, 2007 at 18:57

    pour continuer sur le thème de la barbe:

    Honneur aux barbus !
    musique de Rossini, paroles de Pierre Dac et Francis Blanche
    chanson interprétée par les Quatre Barbus

    La barbe !
    toudoudoudou toudoudoudou toudoudoudou la lala la lala
    La barbe !
    toudoudoudou toudoudoudou toudoudoudou la lala la lala

    (poum poum poum poum….)
    ta padalala la, ta padalala la, tou loudouloulou loulou loudouloulou loulou
    lou loulouloulou oulouloulou ouloulouloulou
    doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum palala
    doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum pala
    hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hmmm
    La barbe !
    (tchoup tchoup tchoup tchoup…)
    J’ai de la barbe, t’as de la barbe, nous avons et vous avez de la barbe
    car un jeune homme qui sort sans sa barbe
    c‘est un repas sans vin un soleil sans rayon –on
    poil au menton –on, poil au menton, poil au menton,
    poil au poil au poil au poil au menton
    (tchoup tchoup tchoup tchoup…)
    J’ai de la barbe, t’as de la barbe, nous avons et vous avez de la barbe
    nous sommes les barbus, les valeureux barbus
    jamais blessés jamais vaincus, poil au poil au poil au poil au menton
    Vive la barbe ! Grâce à la barbe non jamais rien n’est perdu (vive les barbus)
    Vive la barbe ! Grâce à la barbe le pays sera défendu (vive les barbus)
    Plus de menton plus de visage glabre, il faut des boucs des pièges ( ?) et des mentons velus
    ton ton ton ton ton ton ton ton
    Vive la barbe ! Grâce à la barbe non jamais rien n’est perdu (vive les barbus)
    Vive la barbe ! Grâce à la barbe le pays sera défendu (vive les barbus)
    Plus de menton plus de visage glabre, il faut des boucs des pièges ( ?) et des mentons velus
    Ah quel plaisir d’avoir une belle barbouze et de s’en servir
    Ah quel plaisir d’avoir une belle barbouze et de s’en servir
    avec avec avec avec, avec avec avec avec du poil touffu
    Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
    Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
    Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
    Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
    et les barbus et les barbus
    Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
    bar- bus !

    transcription à un poil près par Philippe Roussel pour le site http://perso.wanadoo.fr/les.barbus

  • 4. Robert et Gisèle  |  janvier 25th, 2007 at 21:46

    Salut les marins poètes
    Quelques bonnes nouvelles ? ça va peut-etre dependre pour qui…
    je m’ interesse a nouveau au foot !!!! victoires de Rennes à Monaco, de Bordeaux à Lyon , de Lille face au PSG et de Lorient ( les Merlus ) face à Lens
    Pour les poètes: superbes paysages de neige ( 10 cm à Bx ) avec un magnifique ciel bleu et un petit - 5 demain matin ; on est loin d’ une eau à 20°…
    A bientot pour d’ autres nouvelles, mais notre internet est capricieux

  • 5. Pénélope (sans Homère)  |  janvier 26th, 2007 at 08:15

    Pénélope fait appel à la clairvoyante Shahrâzâd pour répondre au Capitaine Haddock:
    “Nous étions deux rameaux de saule au jardin, le pla

  • 6. louviers  |  janvier 26th, 2007 at 08:21

    et oui…je savais bien que j’avais omis quelque chose dans la transmission des valeurs fondamentales à mes enfants…dans tout déplacement on doit se munir d’une petite boite de trois cm sur cinq ; et dessus, c’est ecrit …boules quies.
    A part ca, on a adoré le reve de denis; j’espère que ce n’est pas un rêve prémonitoire parce que les énergies renouvelables pas chères…hum…
    Au fait, ôtez moi d’un doute: vous n’avez pas donné l’adresse de votre blog au ministre chargé des energies? ou alors Denis n’a pas des ambitions politiques ? Allez, bon vent,

  • 7. Pénélope (sans Homère)  |  janvier 26th, 2007 at 08:29

    Pénélope manipule mal son clavier (qui n’est pourtant pas anglo-russe). Elle a beau être fille d’Icare (e.quart), l’outil n’existait pas à son époque ni à celle de Shahrâzâd. Donc elle reprend:

    “Nous étions deux rameaux de saule au jardin, le plaisir
    était un fruit odorant et tout frais, la vie nous souriait,
    Mais on est venu casser un rameau et laisser l’autre seul…
    Quelle pitié que de voir l’esseulé soupirer après l’esseulé!”
    (Conte des amants fâchés)

    “Hasan shûmân était en train de demander à la sentinelle: “des nouvelles d’Ahmad et de ses hommes?”, lorsqu’ils apparurent, nus. Hasan alors de chanter des vers:

    A l’aller, les hommes sont pareils:
    au retour tous les hommes diffèrent.
    Il en est de sages, il en est de sots,
    tout ainsi qu’étoiles, pâles ou brillantes.”
    (Conte de Dalîla-la-Rouée et de Ali-Vif-Argent)

  • 8. jf  |  janvier 26th, 2007 at 18:37

    Hello,

    Damned, je pars en week end sans ma mise à jour du vendredi soir.

    Ca va être dur de tenir jusqu’à lundi !!!!!

    Bonne nav !!!!

    jf

    au fait, pourriez indiquer un peu vos moyennes journalières, histoire de rêver un peu plus !!!!

  • 9. Vivien  |  janvier 26th, 2007 at 19:12

    Bonjour la flibuste !
    Toulouse, -40°c, manteau neigeux 0.
    Malgré ce froid ici c’est carnaval! Tout à l’air d’aller bien pour vous, j’en suis ravi. Maman, ne t’inquiètes pas, les boules-quies ne sont pas nécessaires pour bien dormir, vous m’avez magnifiquement réussi question sommeil :) . Et me souvenant de Guillaume dans un certain ferry revenant du royaume-uni il est costaud à ce niveau là aussi, J’imagine néanmoins que le caisson de basse fait plus que boum boum au milieu de l’océan…
    Une petite mise à jour sur les répliques de base en mer, Guillaume souvient toi de Guybrush Threepwood :
    - Tu n’aurais pas dû te tremper dans cette histoire.
    - Pour être marin il faut savoir se mouiller.
    - Tu restes muet devant mon sens de la répartie !
    - C’est pas possible , tu te rinces la bouche à l’ailloli !
    Trêve de bêtises insipides…
    Beijinhos.

    Cap. J.Sparrow

  • 10. capitaine haddock  |  janvier 26th, 2007 at 19:59

    Bonjour Tchudapopka, et a tout leurs amis, parents, inconnus et autres adeptes de ce blog en particulier Pénélope pour qui le web (tiens, une histoire de toile qui ce tisse et ce défait si je me rappel bien) est un peu moderne et qui coupe ses messages tout seul mais dont la plume est remarquable.

    50° 7 N- 8° 41 E-
    Francfort
    -2°C
    Ciel clair
    Vent : S à 13 km/h
    Humidité : 74%

    Damned, moi aussi je dois partir en week-end sans avoir eu votre bulletin journalier. Vais- je survivre !!!

  • 11. Pénélope (sans Homère)  |  janvier 26th, 2007 at 21:06

    Cher Capitaine Haddock, survivez! survivez! votre plume, comme celle de vos amis, est alerte, espiègle, drôle…Ne nous en privez pas. C’est un régal de vous lire tous. Hélas! Pour ce qui me concerne, je ne fais que me couler dans les mots des autres.

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