Transat retour... en Pogo 40 - Tchuda Popka 2

J31 - Voila l’hiver, voila l’hiver !

14 février 2007 | 18:17 Jerome Samson

A 7 nds au 50

J’en viens presque a soupconner certains d’entre vous d’avoir, trop degouttes a la lecture de notre compte-rendu de la journee d’hier, eu quelques mauvaises pensees a notre egard et attire sur nous une petit soupcon d’hiver ! Pour la premiere fois depuis Pointe-a-Pitre, nous avons eue une bonne nuit bien humide, a la bretonne, avec cargos et brouillard ! Heureusement le vent etait clement et nous avons pu bien avancer, guides par notre radar tres efficace pour detecter et suivre cargos et pecheurs dans la nuit sans visibilite. Mais ce fut tout de meme bien fatiguant, a sans arret faire l’aller-retour pendant nos quarts entre la descente pour surveiller les afficheurs de notre chere NKE et la table a cartes pour y allumer par intermittence le radar.

Apres cette nuit assez differente des precedentes, il a fallu prendre une nouvelle fois des options meteo, apres le passage entre l’Espagne et Ibiza. Nous sommes donc rentres assez profondement plein nord dans le golfe de Valence, au grand largue, en prevision d’une rotation du vent vers le NW qui nous est annoncee pour cette nuit.

En fin de matinee, Denis venait de sortir son sextant, je consulte l’anemometre, qui commence a monter serieusement, et lui suggere de ranger son engin delicat. Nous roulons tous les deux le gennaker, empannons pile au bon moment pour profiter d’un debut de bascule, envoyons la trinquette. Pendant ce temps, l’anemo monte encore. A 25 noeuds, quelques 20 minutes plus tard, nous prenons le 2e ris. A 30, encore 20 minutes plus tard, on reduit la trinquette, a 35 on prend le 3e ris… Bref en une heure de temps on est passe de gennaker + GV 1 ris a trinquette arisee + GV 3 ris !! Il parait que c’est ca la Mediterrannee !

On s’envoie ensuite une bonne petite salade de riz, et hop l’anemo s’y remet, soutenu par le barometre. L’un monte, l’autre baisse… et on flirte les 45 noeuds dans une ou deux rafales, toujours au portant. Profitant d’une molle a 35 nds, on affale completement la GV, pour souffler un peu, et faire redescendre le speedo qui a lui aussi a bien monte, a plus de 12 nds en regulier, et quelques surfs a 15/16 nds… Sous trinquette arisee seule, c’est plus cool, et le vent nous lache… et retombe a 12 / 15 nds. A ce moment la, un nuage ultra bizarre nous passe par dessus, on aurait dit un rouleau qui s’enroulait sur lui meme, horizontalement… Mais plus trop d’inquietude, car le baro, apres avoir fait un beau plongeon (-1.9 hPa en 1 h au plus fort) etait sur la pente remontante !

Bref, beaucoup de manoeuvres, et c’est surement pas encore fini… Vivement Marseille, si tout va bien en fin de journee de vendredi !

A part ca tout va bien a bord, on entame nos dernieres reserves, on ne va pas arriver affames, mais ca fait un bon nombre de jours qu’on n’a plus de chocolat !!

Guillaume a une pensee pour Alban en passant devant Valence, et une autre pour le Capitaine Haddock quand nous croiserons au large de Sitges cette nuit.

Bonne nuit a tous et a demain ! (mangez du chocolat en pensant a nous !)

Jerome et tout l’equipage de Tchuda Popka

[Sent from: 40.027,1.042]

Catégorie : En mer | Voir sur la carte : Geo Mashup

15 Comments Add your own

  • 1. Homre (ou Pnlope)  |  février 14th, 2007 at 19:04

    “Quand ils eurent atteint le navire et la mer,les nobles convoyeurs se htrent de prendre les vivres pour la route et de les dposer dans le fond du vaisseau; puis, des draps de linon, ils firent pour Ulysse, sur le gaillard de poupe, un lit o le hros dormirait loin du bruit. Alors il s’embarqua, se coucha sans rien dire; en ordre, les rameurs prirent place leurs bancs. de la pierre troue, on dtacha l’amarre, et bientt, reins cambrs, dans l’embrun de l’cume, ils tiraient l’aviron.
    Mais dj sur ses yeux, tombait un doux sommeil, sans sursaut…
    (Le vaisseau) courait, il volait, fendant le flot des mers, emportant ce hros aux divines penses, dont l’me avait connu, autrefois, tant d’angoisses. Maintenant, sans un geste, il dormait, oubliant tous les mots endurs…
    Odysse. Chant XIII.

  • 2. capitaine haddock  |  février 14th, 2007 at 19:11

    Bonjour Tchudapopka, salamalec les flibustiers de carnaval,

    50 7 N- 8 41 E-
    Francfort
    7C
    Pluie
    Vent : SE 9 km/h
    Humidit : 93%
    Je vous assure, le vaudou ne vient pas de moi, dsol que la pluie glacial et hivernale vous ramne si brusquement aux ralits de la vie. Profitez bien de ces instants de bonheur, vous allez bientt retrouve le got fade et sans sel de la douche dans une vraie salle de bain.
    Faite attention si vous croisez le Karaboudjan !
    Apres 31 jours de mer et de poissons, quoi de mieux que daller fter le nouvel an chinois en arrivant a Marseille, qui est cette anne celle du cochon, rrrrooinnn, rrrrooinnn
    Pas dautre btises ajouter, a trs bientt.

  • 3. Une lectrice de Jerome (K. Jerome)  |  février 14th, 2007 at 19:20

    Une seule chose vous manque…Pour eux, ce n’est pas le chocolat mais la moutarde. Moutarde et frustration!

    “Pour en revenir notre prsent voyage, il ne se passa rien dintressant, et nous continumes de nous haler juste un peu au-dessus de lle des Singes o nous dbarqumes pour djeuner. En attaquant le buf froid, nous dcouvrmes que nous avions oubli demporter de la moutarde. Je ne crois pas avoir, de ma vie, prouv aussi cruellement que ce jour-l une envie de moutarde. En gnral, je men passe fort bien ; il est mme rare que jen prenne, mais jaurais alors donn des mondes pour en avoir.

    Jignore combien de mondes il peut y avoir dans lunivers, mais quiconque met apport cet instant prcis une cuillere de moutarde, aurait pu les avoir tous. Je ne regarde jamais la dpense quand jai envie de quelque chose qui me fait dfaut.

    Harris aussi dclara quil aurait donn des mondes pour se procurer de la moutarde. Si un quidam avait dbarqu l avec un pot de moutarde, il aurait t pourvu de mondes pour le restant de ses jours.

    Je crains fort cependant que Harris et moi neussions manqu notre parole une fois en possession de la fameuse moutarde. On fait de ces offres extravagantes dans un moment dgarement, mais, la rflexion, on saperoit quelles sont absurdement disproportionnes avec la valeur de larticle dsir. Jai une fois entendu quelquun, au cours dune randonne dans les montagnes suisses, dire quil donnerait des mondes pour un verre de bire, et une fois arriv une petite buvette o on en servait, faire tout un scandale parce quon lui comptait cinq francs pour une canette de stout.[6] Il prit la chose pour un abus inadmissible, et sen plaignit au Times.

    Le manque de moutarde jeta un froid sur le bateau. Nous mangemes notre buf en silence. Lexistence nous paraissait vide et sans intrt. Nous pensions en soupirant aux jours heureux de notre enfance. Nous perdmes un peu de notre morosit, toutefois, avec la tarte aux pommes, et quand George eut sorti du fond du panier une bote de conserve dananas, la vie nous parut finalement digne dtre vcue.

    Nous aimons beaucoup lananas, tous les trois. Nous regardions ltiquette et pensions au jus. Nous changemes un sourire, et Harris avait dj sa cuiller la main.

    On se mit en qute de louvre-botes. On retourna tout le panier. On mit les valises sens dessus dessous. On souleva le plancher du canot. On disposa tous les objets sur la rive et on les secoua. Louvre-botes demeurait introuvable.

    Harris essaya alors douvrir la bote avec son canif, mais la lame se brisa et il sentailla profondment la main. George tenta lopration avec une paire de ciseaux, et les ciseaux lui chapprent, manquant lborgner. Tandis quils pansaient tous les deux leurs blessures, jessayai de faire un trou dans la bote avec le bout pointu de la gaffe, et la gaffe glissa, me projeta entre le bateau et la rive dans soixante centimtres deau vaseuse et la conserve, intacte, alla heurter une tasse th, quelle brisa.

    Alors nous devnmes enrags. Nous posmes la bote sur la berge, et Harris alla chercher dans un champ une grosse pierre. Je retournai dans le bateau prendre le mt, et George maintint la bote. Harris appuya sur le couvercle langle le plus aigu de sa pierre, et, moi, levant le mt au-dessus de ma tte, je labattis de toutes mes forces.

    Ce fut le chapeau de paille de George qui lui sauva la vie ce jour-l. Il la conserv (ce quil en reste), et, les soirs dhiver, quand on allume les pipes et quon voque les dangers traverss, il le dcroche du mur pour le montrer la ronde et dbiter une fois de plus leffroyable histoire, en lenjolivant chaque nouveau rcit.

    Harris sen tira avec de simples gratignures.

    Cela fait, je pris la bote et la martelai coups de mt jusqu lpuisement, puis Harris prit le relais.

    Nous la battmes plat, nous la battmes en cube nous lui infligemes toutes les formes possibles mais ne pmes y pratiquer le moindre trou. George sy attaqua son tour et lui donna une forme si trange, si monstrueusement hideuse quil prit peur et jeta le mt terre. Puis nous nous assmes tous les trois sur lherbe autour de la bote et lexaminmes.

    Le couvercle enfonc offrait laspect dun rictus railleur, qui nous mit dans une fureur telle que Harris sauta sur la chose, sen empara et la lana au loin, au milieu du courant. Nous labreuvmes dinjures tandis quelle senfonait, puis nous regagnmes le canot et nous nous loignmes de ce lieu maudit, pour ne plus nous arrter avant davoir atteint Maidenhead.”

  • 4. Adeline  |  février 14th, 2007 at 19:55

    Avec toutes ces manoeuvres, vous allez revenir hyper muscls des bras, dfaut d’tre muscls des jambes pour le semi-marathon ;-)

  • 5. Marie-Anne  |  février 14th, 2007 at 21:27

    encore un petit effort! presque au bout du priple!
    mais doit on parler d’efforts pour une telle aventure, hors du commun, et voulue?! ;)
    profitez bien des derniers moments de cette formidable aventure qui nous laisse tous rveurs!

  • 6. alain  |  février 14th, 2007 at 23:02

    Comme elle peut tre sournoise et rude, cette “Mre Tanne”, comme le cuir du diable !
    Elle veut simplement vous enjler, vous arracher au charme du vieil Ocan que vous laissez derrire vous, pour que vous dbarquiez sans remords, fatigus par ce dernier combat…
    avant le port : ” les ports ne valent rien , les bateaux y pourissent et les hommes y gagnent l’enfer” –Joseph Conrad…
    Alors, restez en mer, au moins dans les coeurs !
    Toutes les penses des copains grandchants de Pierre
    vous accompagnent dans vos derniers milles.
    Alain

  • 7. Michel  |  février 14th, 2007 at 23:31

    Bravo les manoeuvres s’enchainent merveille maintenant. Je reviens sur l’histoire du mridien de Greenwich. Connaissant bien Jrme je le souponne d’avoir louvoy de droite gauche du dit mriden rien que pour le plaisir de voir les chiffres OO OO’ OO” s’afficher sur la longitude du GPS plusieurs fois de suite…Cela dit je crois que j’aurai fait la mme chose. C’est un petit plaisir simple analogue celui qu’on a quand on dpasse 999 999 km en voiture sauf que l on ne peut pas revenir en arrire !

    “Encore un petit th fort et c’est l’oeuf au riz” Aiku japonais du XXeme sicle de Pascalako Samsonata

  • 8. marie-anne  |  février 15th, 2007 at 08:43

    un bon anniv’ mon p’tit papa! ;)
    bonne journe moi j’vais retrouver mes p’tits monstres.

  • 9. Adeline  |  février 15th, 2007 at 09:15

    Bon anniversaire Pierre !!!

  • 10. cole d'hodeng au bosc  |  février 15th, 2007 at 09:19

    rponses aux questions du schmilblick:

    Non, le schmilblick ne se mange pas.
    Non, il ne fait pas de bruit.
    Oui, on doit le laver de temps en temps.

  • 11. Yves Delol  |  février 15th, 2007 at 10:30

    bonjour Pierre,
    Collgue barbu, bon anniversaire! Ce soir ta sant, j’ouvrirai un St Amand 97. Je t’en laisserai pour la semaine prochaine, au plaisir de se revoir.
    Bonnes bises de nous 4.
    Amitis tous.
    Yves

  • 12. Robert et Gisle  |  février 15th, 2007 at 12:52

    Pour Pierre,
    Tres Bon anniversaire de toute la famille et une pensee encore plus forte a 16h cet apres midi. Original non que pour cette journee tu sois sur Tchuda Popka ?
    Nous vous souhaitons une tres bonne fin de parcours et attendons le plaisir de se revoir bientot.

  • 13. Robert et Gisle  |  février 15th, 2007 at 13:37

    Bonjour a tous les quatre et joyeux anniversaire au jeune navigateur !!! je vous imagine bien fetant l’ evenement en sirotant
    un pastis face a un beau paysage…..et un bon repas
    Afin de nous associer a vous je programme un Gueyrosse pour ce soir et je suis disponible n’ importe quand demain pour ton
    accueil a l’ aeroport
    Profitez bien de vos dernieres heures de navigation et encore
    bravo a vous quatre

  • 14. Homre (ou Pnlope)  |  février 15th, 2007 at 14:26

    Pour fter un anniversaire;
    “Juste l’heure o parait la reine des toiles, qui vient pour annoncer le lever de l’Aurore en son berceau de brume, le navire, achevant sa course sur la mer, abordait en Ithaque.
    Le Vieillard de la mer, Phorkys, a dans les champs d’Ithaque un de ses ports. Deux pointes avances, qui dressent face face leurs falaises abruptes, rejettent au-dehors les colres du vent et de la grande houle; au-dedans, les rameurs peuvent abandonner leur vaisseau sans amarre, sitt qu’ils ont atteint la ligne du mouillage. A la tte du port, un olivier s’ploie, et l’on trouve tout prs la sainte grotte obscure et charmante des Nymphes qu’on appelle Naades…
    La grotte a deux entres: par l’une, ouverte au nord, descendent les humains; l’autre s’ouvre au midi; mais c’est l’entre des dieux; jamais homme ne prend ce chemin d’Immortels.
    En ce port connu d’eux, les Phaciens pntrent. Ils s’chouent sur la grve et presqu’une moiti de leur navire y monte, tant les bras des rameurs avaient donn l’lan! Ils sautent hors des bancs, prennent d’abord Ulysse et, du creux du vaisseau, l’enlvent en ses draps et son linon moir; sans rompre son sommeil, sur le sable ils le posent; ils tirent du vaisseau les richesses donnes par les rois phaciens; ils les mettent en tas, au pied de l’olivier, l’cart de la route, de peur que les passants n’en viennent drober, avant qu’il se rveille, puis, reprenant la mer, le croiseur s’en retourne…

  • 15. Homre (ou Pnlope)  |  février 15th, 2007 at 14:36

    Odysse. Chant XIII.

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